Un chercheur d'Amii, qui utilise l'apprentissage automatique pour mieux comprendre le fonctionnement de l'esprit biologique, a été nommé « CIFAR Global Scholar ».
Erin Grant, boursière Amii, titulaire de la chaire CIFAR en IA au Canada et future professeure associée au sein des départements de psychologie et d’informatique, figurait parmi les 15 chercheurs de la dernière promotion des programme CIFAR Global Scholars. Ce programme est conçu pour soutenir des chercheurs exceptionnels en début de carrière, en les aidant à « développer et diriger des recherches interdisciplinaires à haut risque et à fort potentiel » sur des questions cruciales auxquelles le monde est confronté.
« Non seulement ils comptent dans leurs rangs des personnes issues de toutes ces disciplines, mais ce sont aussi des figures de proue dans ces domaines, des gens qui repoussent en quelque sorte les limites. »
Erin Grant
Amii Fellow et Chaire CIFAR AI du Canada

« Je suis vraiment ravi. Ils ont réuni un groupe de personnes issues de disciplines variées, telles que les neurosciences, l’intelligence artificielle, l’apprentissage automatique, mais aussi les sciences cognitives », explique Grant.
« Et non seulement ils comptent dans leurs rangs des personnes issues de toutes ces disciplines, mais ce sont aussi des figures de proue dans ces domaines, des gens qui repoussent en quelque sorte les limites. »
L'un des aspects fondamentaux du programme « CIFAR Global Scholar » réside dans son soutien à la recherche interdisciplinaire, qui favorise les collaborations entre différents domaines scientifiques. Grant explique qu'il peut être particulièrement difficile d'obtenir des financements et un soutien pour la recherche interdisciplinaire, ce qui rend des programmes comme celui-ci d'autant plus importants.
« Aucune discipline à elle seule ne peut appréhender l’ensemble de cet impact ; c’est pourquoi les bailleurs de fonds et les départements traditionnels ont parfois du mal à reconnaître l’impact de ces travaux… Je suis honorée, car le CIFAR finance depuis des décennies une recherche qui change la donne », déclare-t-elle.
Grant fait partie des nouvelles chaires canadiennes CIFAR en IA qui ont été annoncées dans le cadre d’un investissement de 24 millions de dollars que l’organisation a annoncé lors de la conférence conférence Upper Bound en mai. Grâce à la réussite de son recrutement groupé « AI+X », Amii compte désormais 32 chaires CIFAR en IA au Canada.
Les travaux de Grant se situent à la croisée de l'apprentissage automatique et des neurosciences : elle étudie la manière dont les intelligences, tant artificielles que naturelles, représentent l'information. Comme elle l'explique elle-même, elle utilise des modèles de réseaux neuronaux pour réaliser des tâches cognitives complexes, telles que l'utilisation du langage, la planification et le raisonnement. En examinant les solutions auxquelles ces modèles ont recours pour accomplir ces tâches, elle cherche à déterminer si des processus similaires se produisent dans notre propre esprit.
« Mon intérêt porte avant tout sur l’explication de la cognition humaine. Je m’intéresse vraiment aux êtres humains, mais nous disposons désormais de systèmes qui présentent certaines des capacités humaines », explique-t-elle.
Grant espère que sa participation au programme Global Scholars lui ouvrira de nouvelles perspectives de collaboration avec d’autres chercheurs en neurosciences, ce qui lui permettra de vérifier si les solutions qu’elle observe dans les modèles artificiels sont analogues à celles observées chez des sujets naturels, et en quoi elles diffèrent. Grant rejoint 14 autres chercheurs en début de carrière, originaires de pays tels que le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Afrique du Sud et la Suisse, au sein de la dernière promotion du programme CIFAR Global Scholars. Leurs recherches couvrent des domaines allant de l’apprentissage automatique et des neurosciences aux matériaux quantiques, en passant par la microbiologie et les traditions juridiques autochtones.